Une vente aux enchères pour acheter des suicidaires!

Des sites internet ont diffusé des images sur des « enchères » dans l’un des hôtels de Jeddah en Arabie Saoudite pour acheter des mercenaires en échange de grosses sommes d’argent en vue de les envoyer en Syrie pour s’y faire exploser.

Dans ladite vidéo, un certain Abou Salah accepte de vendre son fils à un million de riyals saoudiens. En contrepartie, le jeune doit partir en Syrie pour commettre un attentat suicide !

Le responsable de ces enchères a ouvert la session des ventes aux enchères par une somme de 200 mille riyals saoudiens et a demandé ensuite au public de faire des donations afin d’acheter le suicidaire.

Il incitait le public à multiplier les sommes d’argent proposées.

A la fin de la session, l’un des participants accepte de payer un million de riyals saoudiens, alors que le père du suicidaire affiche sa joie pour cette grosse somme d’argent et crie : Allah Akbar ! (Dieu est le Plus grand).

Le responsable de ces enchères a fait savoir que le suicidaire sera envoyé à Bab Amr à Homs pour aider les hommes armés de l’opposition syrienne.

Source: alalam

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LETTRE OUVERTE D’UN PRETRE ARABE DE SYRIE A ALAIN JUPPE, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA FRANCE

LETTRE OUVERTE D’UN PRETRE ARABE DE SYRIE A ALAIN JUPPE, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA FRANCE
Damas,Monsieur le Ministre, Prêtre arabe de Syrie, je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. Professeur d’Université, vous n’êtes pas censé ignorer que la légitimité d’un Président de République, dépend du consensus de son peuple uniquement, et non de l’arbitraire d’une puissance quelconque.Ministre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, vous êtes censé savoir que la Syrie est un État Souverain, membre fondateur des Nations-Unies. Mais, porte-parole grisé de certains maîtres du monde actuel, vous croyez pouvoir décider à volonté du sort des autres pays, dont la Syrie.

Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire depuis des décennies, en Irak, en Iran, en Afghanistan, au Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie. Monsieur le Ministre, pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manoeuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone Mme Michèle Flournoy.

D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël! Ne seriez-vous donc, Célèbres Diplomates et Politiciens occidentaux, que les porte-paroles mesquins de la volonté israélienne? Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie? Votre mémoire historique, écourtée ou effacée, devrait vous le rappeler! Fallait-il que les nazis prolongent leur occupation de la France et de l’Europe, pour que vous ressentiez jusqu’à ce jour l’injustice que subissent les autres?

Mais si, en tant que Ministre de cette France du Général De Gaulle, vous pouvez tourner allègrement le dos, et pour des raisons piteuses, à cet honneur historique, laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le Sionisme, pour toute la nation arabe.

Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. Je m’explique. Hypothéqué par un passé colonial, lourd, très lourd même d’occupations sanglantes, de guerres criminelles, de transferts inhumains de populations entières, de vols systématiques des pays dominés, du Proche à l’Extrême-Orient, d’Afrique et d’Australie, de découpages arbitraires et piégés à long terme, de populations et de pays, d’exterminations en règle des populations autochtones, notamment sur tout le continent américain, ainsi qu’en Océanie, l’Occident s’est toujours laissé emporter par un appétit de domination, sans frein … C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais!

Mais, Messieurs les Européens, il se trouve qu’effectivement vous êtes passés du rôle de maîtres à celui de valets. En effet, prétendez-vous ignorer que toute l’Europe se traîne désormais à la remorque des États-Unis? Cela n’est plus un secret pour personne. Et vous n’ignorez certainement pas les nombreux penseurs européens, qui ne cessent de crier à l’urgence de libérer l’Europe du “piège américain”. Mais il se trouve aussi que les États-Unis sont à leur tour victimes d’un autre piège, celui du tout-puissant lobby israélien. Qu’il me suffise de vous rappeler ce qu’ont écrit Noam CHOMSKY, Paul FINDLEY, Stephen WALT et John MEARSHEIMER, pour vous éviter d’essayer d’échapper à cette amère conclusion. Ne seriez-vous donc en Europe, que les valets des valets du Sionisme?

Monsieur le Ministre, Avouez que l’Occident, si puissant soit-il, a perdu tout crédit. En effet, en haut-lieu, c’est-à-dire, aux Nations-Unies, au Conseil de Sécurité, ainsi que dans les autres Institutions soi-disant Internationales, il s’est avéré que dès qu’il s’agit de pays nonoccidentaux, les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Rappelez-vous au moins l’Afghanistan, l’Irak et maintenant la Lybie. Et tout cela au nom de “la Démocratie, de la Dignité et des Droits de l’homme”.

Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux sans exception, des plus “grands” aux plus “petits”, les États-Unis en tête, deviennent rien moins que des néants. Des néants aveugles, sourds et muets! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Bien plus, qu’il constitue la plus grande menace pour la paix du monde. Terroriste, Israël l’a été bien avant sa création en 1948. Et si vous en avez le moindre doute, je vous réfère au livre terrible d’un historien français, juif et sioniste, du nom de Charles ENDERLIN. Son titre dévoile bien son contenu : “par le feu et par le sang” (Paris 2008).

Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant les juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazie, à tous les peuples arabes et musulmans, dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un Holocauste de 60 ans déjà, aux arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine.

Monsieur le Ministre, Je me dois de vous poser une dernière question : Ministre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, qui se prétend farouchement attachée à sa laïcité, comment justifiez-vous le support inconditionnel qu’elle apporte à un pays qui se veut uniquement juif? Pour finir, laissez-moi, en prêtre catholique, vous présenter mes condoléances pour l’Église de France, qui me semble bel et bien morte, pour avoir gardé si longtemps un silence criminel, face aux désastres incessants que ne cesse de commettre l’Occident, aux niveaux du monde arabe et musulman, et en conséquence, aux dépens de l’existence de leurs chrétiens autochtones, dans le seul but de permettre à Israël de vivre! Comme le Pape Jean-Paul II avait raison, quand il avait un jour, en visite en France, commencé son discours par cette interrogation : “France … France, où est ton baptême?!”.

De grâce, Monsieur le Ministre, un peu plus d’honnêteté et de dignité!

Pr. Elias Zehlaoui

PERE ELIAS ZEHLAOUI EST TRES ACTIF DANS LA DEFENSE DE LA SYRIE ET DES PALESTINIENS. C’EST EN PLUS LE FONDATEUR ET DIRECTEUR DE LA “CHORALE DE LA JOIE” qui compte 500 choristes et il est très actif dans le domaine du dialogue islamo-chrétien

Printemps arabe, le jeu de Washington

Par (Christian Bouchet)
Printemps arabe, le jeu de Washington

Aux État-Unis, Paul Craig Roberts est une personnalité connue et respectée de la droite républicaine. Sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan, économiste renommé (1), chroniqueur du The Wall Street Journal et du Business Week, il n’a pas pour habitude de mâcher ses mots. Ainsi l’entretien qu’il a accordé, le 12 mai dernier, au quotidien serbe Politika, est-il de la plus grande importance pour comprendre ce qui se cache réellement derrière le printemps arabe.D’emblée Craig Roberts l’affirme « La guerre à la Chine et à la Russie a commencé » et d’expliquer comment, l’occasion faisant le larron, Washington n’a pas suscité le printemps arabe, mais « s’est mis aux aguets lorsque les manifestations ont éclaté en Tunisie et en Égypte, et s’est très vite aperçu que les mouvements de protestation arabes pouvaient être exploités pour éliminer la Russie et la Chine de cette partie du monde, sans confrontation directe ».

D’où une attitude opportuniste du Département d’État : ne pas s’opposer au changement en Tunisie et en Égypte, en y favorisant l’accès au pouvoir d’équipes de remplacement ne lui étant pas hostiles, tout faire pour que le printemps ne voit pas le jour chez ses alliés sûrs, où comme en Arabie saoudite ou à Bahrein les médias aux ordres savent détourner les yeux et ne pas insister sur répression féroce qui y sont menées tout en conditionnant, par contre, l’opinion publique sur les « violations des droits de l’Homme » qui auraient lieues en Libye ou Syrie et justifieraient une intervention militaire dans le premier cas et de vives pressions dans le second.

Libye : une affaire de pétrole

Craig Roberts résume ainsi la politique des USA : « Nous n’avons pas pour objectif le renversement du pouvoir à Bahreïn ou en Arabie Saoudite, où les gouvernement recourent l’un et l’autre à la violence contre ceux qui manifestent, parce que ces deux gouvernements sont nos marionnettes et parce que nous possédons une grande base maritime à Bahreïn. Nous n’avons pas semé les troubles en Égypte ou à Bahreïn ou en Tunisie ou en Arabie saoudite. C’est bien là la grande différence par rapport aux événements de Syrie et de Libye. Là les doigts de l’Amérique sont impliqués dans les désordres, dans l’organisation des manifestations, dans leur financements, etc. »

Il reste à comprendre la raison de cela. Sur ce point, Paul Craig Roberts est des plus clairs : « La Chine a investi d’énormes sommes dans les sources d’énergie dans l’Est de la Libye et elle compte sur ce pays en raison de ses besoins énergétiques. Il s’agit ici d’une tentative de la part de l’Amérique pour interdire à la Chine l’accès aux ressources en question. L’intérêt, s’agissant des manifestations en Syrie tient au fait que les Russes y ont une importante base maritime, ce qui leur assure une présence en Méditerranée. Washington s’est décidé en faveur d’une invasion de la Libye, et fait aussi de plus en plus pression pour une intervention en Syrie, de manière à nous débarrasser des Russes et des Chinois. »

Si la Libye paie dans le sang le fait d’avoir osé conclure des accords pétroliers avec la Chine, ce n’est pas, nous dit Roberts, son seul crime. Elle a aussi refusé d’intégrer l’Africom et elle occupe un positionnement géopolitique de premier plan, contrôlant une partie non négligeable du rivage méditerranéen.

En Syrie, une situation plus complexe

Ce contrôle d’un littoral important, la Libye le partage avec la Syrie. Cette dernière a le mauvais goût, aux yeux de Washington, d’y accorder des facilités portuaires aux navires russes. C’est un premier mauvais point, mais ce n’est pas le seul.

David Pipes (2), un important géopoliticien néo-con en a énuméré d’autres dans une étude publiée récemment dans les colonnes de la National Review.

Pour lui « le rôle principal de Bachar al-Assad sur le plan international est de servir d’allié principal de Téhéran. », l’Iran et la Syrie partageant, selon son analyse, des « préoccupations stratégiques à long terme, dues à leurs priorités de sécurité nationale. »

Par ailleurs, comme nous l’avons nous-même expliqué dans le numéro 54 de Flash, la Turquie a entrepris de constituer un nouveau « pacte de Bagdad », avec la Syrie, l’Irak et l’Iran mais cette fois sans les États-Unis et le Pakistan. Ce futur bloc territorial de 250 millions d’habitants – qui contrôlerait à lui seul le Bosphore, le détroit d’Ormuz et la plus grande part des routes du gaz et du pétrole – possèderait 35% des réserves d’hydrocarbures de la planète. De quoi inquiéter et déplaire aussi fortement à Washington.

D’où des raisons supplémentaires de faire chuter le Baath au pouvoir à Damas et ainsi d’affaiblir tant Téhéran qu’Ankara et de faire s’effondrer toute la politique d’Ahmet Davutoglu au Moyen-Orient. En outre, les troubles pourraient conduire les Kurdes de Syrie à obtenir plus autonomie, ce qui pourrait, par ricochet, encourager les Kurdes d’Anatolie à relancer leurs revendications séparatistes actuellement en sommeil et déstabiliser un peu plus la Turquie.

Cependant, et c’est là une chance dont la Libye ne dispose pas, l’effondrement du régime de Bachar al-Assad, est si gros de bouleversements régionaux dont on ne sait ce qu’il pourrait réellement en déboucher qu’il inquiète les politiques les plus réalistes à Washington et à Tel-Aviv. Ainsi, dans l’entourage même de Barack Obama, deux équipes de conseillers s’affrontent. D’un côté, l’une menée par Tom Donilon et Dennis Ross le pousse à renforcer son alliance avec Israël et à se montrer le plus intransigeant qu’il est possible de l’être avec Damas, Téhéran et Ankara. D’un autre, Hillary Clinton et George Mitchell plaident pour une certaine distanciation avec Israël et pour une politique réaliste avec la Syrie. Hillary Clinton n’hésitant pas à qualifier Bachar el-Assad de « réformateur » et à lui donner ainsi, d’une certaine mesure, un blanc-seing.

Cela étant, il reste à prendre en compte aussi, les réactions à venir de la Russie et de la Chine. Si Moscou louvoie et semble abandonner Kadhafi afin de ménager sa position dans la Libye d’après, sa position face à une accentuation des troubles en Syrie devrait être moins « arrangeante ». Quant à la Chine, elle a déjà fait connaître de manière diplomatique son agacement, et cela a été vain. Or les entreprises chinoises perdent actuellement des centaines de millions de dollars du fait de l’intervention occidentale en Libye, elles voient en cela, à juste titre, une attaque directe contre leurs intérêts et font pression sur leur gouvernement. Comme le remarque Craig Roberts, les États-Unis cherchent des noises à « deux États très puissants et fait cela de manière tout à fait imprudente et dangereuse » et il conclut qu’à terme « toutes les formes d’escalades sont possibles. C’est un danger réel et nous risquons une grande guerre. »

Paul Craig Roberts juge les Européens

Dans un autre entretien, accordé cette fois à Press TV, la chaîne d’information internationale iranienne en langue anglaise, Paul Craig Roberts dit ce qu’il pense des dirigeants politiques européens :

« On utilise les Français en Afrique, on utilise les Britanniques en Afghanistan, ce sont des pantins.

Ces pays ne sont pas indépendants. Sarkozy ne rend pas de compte au peuple français – il rend des comptes à Washington. Le premier ministre britannique ne rend pas des comptes au peuple anglais – il rend des comptes à Washington. Ce sont des dirigeants fantoches d’un Empire, il n’ont rien à voir avec leurs peuples qui les ont élus.

La Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, sont des États pantins des Américains, tous appartiennent à l’empire américain. Donc ils font tous ce qu’on leur dit de faire. On a des troupes stationnées en Allemagne depuis 1945. Les Américains ont des bases militaires en Italie – est-ce un pays indépendant ? La France était d’une certaine façon indépendante jusqu’à ce que Sarkozy ait été placé au pouvoir. »

1 – Y compris en France où Édouard Balladur, lui décernera la Légion d’honneur en mars 1987 pour son action en faveur d’un « renouvellement de la science économique ».
2 – Universitaire et journaliste (New York Post, Los Angeles Times, etc.), il a appartenu à la première administration (2000-2004) de George Bush. Il est membre du Council on Foreign Relations.

Le plan de déstabilisation de la Syrie

Par Thierry Meyssan
Les opérations conduites contre la Libye et la Syrie mobilisent les mêmes acteurs et les mêmes stratégies. Mais leurs résultats sont très différents car ces États ne sont pas comparables. Thierry Meyssan analyse ce demi-échec des forces coloniales et contre-révolutionaires et pronostique un nouveau retour de balancier dans le monde arabe.
La tentative de renversement du gouvernement syrien ressemble par bien des points à ce qui a été entrepris en Libye, cependant les résultats sont forts différents en raison de particularités sociales et politiques. Le projet de casser simultanément ces deux États avait été énoncé le 6 mai 2002 par John Bolton alors qu’il était sous-secrétaire d’État de l’administration Bush, sa mise en œuvre par l’administration Obama 9 ans plus tard, dans le contexte du réveil arabe, ne va pas sans problèmes.

Comme en Libye, le plan de départ visait à susciter un coup d’État militaire, mais il s’est vite avéré impossible faute de trouver les officiers nécessaires. Selon nos informations, un plan identique avait également été envisagé pour le Liban. En Libye, le complot avait été éventé et le colonel Kadhafi avait fait arrêter le colonel Abdallah Gehani [1]. Dans tous les cas, le plan originel a été revu dans le contexte inattendu du « printemps arabe ».

L’action militaire
L’idée principale était alors de provoquer des troubles dans une zone très délimitée et d’y proclamer un émirat islamique qui puisse servir de base au démantèlement du pays. Le choix du district de Daraa s’explique parce qu’il est frontalier de la Jordanie et du Golan occupé par Israël. Il aurait été ainsi possible d’approvisionner les sécessionnistes.

Un incident a été créé artificiellement en demandant à des lycéens de se livrer à des provocations. Il a fonctionné au delà de toutes espérances compte tenu de la brutalité et de la bêtise du gouverneur et du chef de la police locale. Lorsque des manifestations ont débuté, des francs-tireurs ont été placés sur les toits pour tuer au hasard à la fois dans la foule et parmi les forces de l’ordre ; un scénario identique à celui utilisé à Benghazi pour susciter la révolte.

D’autres affrontements ont été planifiés, chaque fois dans des districts frontaliers pour garantir une base arrière, d’abord à la frontière du Nord du Liban, puis à celle de la Turquie.

Les combats ont été menés par des unités de petite taille, composés souvent d’une quarantaine d’hommes, mêlant des individus recrutés sur place et un encadrement de mercenaires étrangers issus des réseaux du prince saoudien Bandar bin Sultan. Bandar lui-même est venu en Jordanie, où il a supervisé le début des opérations en relation avec des officiers de la CIA et du Mossad.

Mais la Syrie n’est pas la Libye et le résultat y a été inverse. En effet, alors que la Libye est un État créé par les puissances coloniales en mariant de force la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzam, la Syrie est une nation historique qui a été réduite à sa plus simple expression par ces mêmes puissances coloniales. La Libye est donc spontanément en proie à des forces centrifuges, tandis qu’au contraire la Syrie attire des forces centripètes qui espèrent reconstituer la Grande Syrie (laquelle comprend la Jordanie, la Palestine occupée, le Liban, Chypre, et une partie de l’Irak). La population de l’actuelle Syrie ne peut que s’opposer aux projets de partition.

Par ailleurs, on peut comparer l’autorité du colonel Kadhafi et celle d’Hafez el- Assad (le père de Bachar). Ils sont arrivés au pouvoir dans la même période et ont usé de leur intelligence et de la brutalité pour s’imposer. Au contraire, Bachar el-Assad n’a pas pris le pouvoir, et n’envisageait pas non plus d’en hériter. Il a accepté cette charge à la mort de son père parce que son frère était décédé et que seule sa légitimité familiale pouvait prévenir une guerre de succession entre les généraux de son père. Si l’armée est venue le chercher à Londres où il exerçait paisiblement la profession d’ophtalmologue, c’est son peuple qui l’a adoubé. Il est incontestablement le leader politique le plus populaire du Proche-Orient. Jusqu’il y a deux mois, il était aussi le seul qui se déplaçait sans escorte, et ne rechignait pas aux bains de foule.

L’opération militaire de déstabilisation de la Syrie et la campagne de propagande qui l’a accompagnée ont été organisées par une coalition d’États sous coordination US, exactement comme l’OTAN coordonne des États membres ou non-membres de l’Alliance pour bombarder et stigmatiser la Libye. Comme indiqué plus haut, les mercenaires ont été fournis par le prince Bandar bin Sultan, qui a du coup été contraint d’entreprendre une tournée internationale jusqu’au Pakistan et en Malaisie pour grossir son armée personnelle déployée de Manama à Tripoli. On peut citer aussi à titre d’exemple l’installation d’un centre de télécommunication ad hocdans les locaux du ministère libanais des Télécoms.

Loin de dresser la population contre le « régime », ce bain de sang a provoqué un sursaut national autour du président Bachar el-Assad. Les Syriens, conscients qu’on cherche à les faire basculer dans la guerre civile, ont fait bloc. La totalité des manifestation anti-gouvernementales a réuni entre 150 000 et 200 000 personnes sur une population de 22 millions d’habitants. Au contraire, les manifestations pro-gouvernementales ont rassemblé des foules comme le pays n’en avait jamais connues.

Les autorités ont réagi aux événements avec sang-froid. Le président a enfin engagé les réformes qu’il souhaitait entreprendre depuis longtemps et que la majorité de la population freinait de peur qu’elles n’occidentalisent la société. Le parti Baas a accepté le multipartisme pour ne pas sombrer dans l’archaïsme. L’armée n’a pas réprimé les manifestants —contrairement à ce que prétendent les médias occidentaux et saoudiens— mais a combattu les groupes armés. Malheureusement, ses officiers supérieurs ayant été formés en URSS n’ont pas fait preuve de ménagement pour les civils pris entre deux feux.

La guerre économique
La stratégie occidentalo-saoudienne a alors évolué. Washington se rendant compte que l’action militaire ne parviendrait pas à plonger à court terme le pays dans le chaos, il a été décidé d’agir sur la société à moyen terme. L’idée est que la politique du gouvernement al-Assad était en train de créer une classe moyenne (seule garantie effective de démocratie) et qu’il est possible de retourner cette classe moyenne contre lui. Pour cela, il faut provoquer un effondrement économique du pays.

Or, la principale ressource de la Syrie est son pétrole, même si sa production n’est pas comparable en volume à celle de ses riches voisins. Pour le commercialiser, il a besoin de disposer d’assets dans les banques occidentales qui servent de garanties durant les transactions. Il suffit de geler ces avoirs pour tuer le pays. Il convient donc de noircir l’image de la Syrie pour faire admettre aux populations occidentales des « sanctions contre le régime ».

En principe, le gel d’avoirs nécessite une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais celle-ci est improbable. La Chine qui a déjà été contrainte de renoncer à son droit de veto lors de l’attaque de la Libye sous peine de perdre son accès au pétrole saoudien ne pourrait probablement pas s’y opposer. Mais la Russie pourrait le faire, faute de quoi en perdant sa base navale en Méditerranée elle verrait sa flotte de Mer Noire étouffer derrière les Dardanelles. Pour l’intimider, le Pentagone a déployé le croiseur USS Monterrey en Mer Noire, histoire de montrer que de toute manière les ambitions navales russes sont irréalistes.

Quoi qu’il en soit, l’administration Obama peut ressusciter le Syrian Accountablity Act de 2003 pour geler les avoirs syriens sans attendre une résolution de l’ONU et sans requérir un vote du Congrès. L’histoire récente a montré, notamment à propos de Cuba et de l’Iran, que Washington peut aisément convaincre ses alliés européens de s’aligner sur les sanctions qu’il prend unilatéralement.

C’est pourquoi aujourd’hui le vrai enjeu se déplace du champ de bataille vers les médias. L’opinion publique occidentale prend d’autant plus facilement des vessies pour des lanternes qu’elle ne connaît pas grand-chose de la Syrie et qu’elle croit à la magie des nouvelles technologies.

La guerre médiatique
En premier lieu, la campagne de propagande focalise l’attention du public sur les crimes imputés au « régime » pour éviter toute question à propos de cette nouvelle opposition. Ces groupes armés n’ont en effet rien de commun avec les intellectuels contestataires qui rédigèrent la Déclaration de Damas. Ils viennent des milieux extrémistes religieux sunnites. Ces fanatiques récusent le pluralisme religieux du Levant et rêvent d’un État qui leur ressemble. Ils ne combattent pas le président Bachar el-Assad parce qu’ils le trouvent trop autoritaire, mais parce qu’il est alaouite, c’est-à-dire à leurs yeux hérétique.

Dès lors, la propagande anti-Bachar est basée sur une inversion de la réalité.

À titre d’exemple divertissant, on retiendra la cas du blog « Gay Girl in Damascus » créé en février 2011. Ce site internet édité en anglais par la jeune Amina est devenu une source pour beaucoup de médias atlantistes. L’auteure y décrivait la difficulté pour une jeune lesbienne de vivre sous la dictature de Bachar et la terrible répression de la révolution en cours. Femme et gay, elle jouissait de la sympathie protectrice des internautes occidentaux qui se mobilisèrent lorsqu’on annonça son arrestation par les services secrets du « régime ».

Toutefois, il s’avéra qu’Amina n’existait pas. Piégé par son adresse IP, un « étudiant » états-unien de 40 ans Tom McMaster était le véritable auteur de cette mascarade. Ce propagandiste, censé préparer un doctorat en Écosse, était présent lors du congrès de l’opposition pro-occidentale en Turquie qui appela à une intervention de l’OTAN. Et il n’y était évidemment pas en qualité d’étudiant [2].

Le plus surprenant dans l’histoire n’est pas la naïveté des internautes qui ont cru aux mensonges de la pseudo-Amina, mais la mobilisation des défenseurs des libertés pour défendre ceux qui les combattent. Dans la Syrie laïque, la vie privée est sanctuarisée. L’homosexualité, interdite dans les textes, n’est pas réprimée. Elle peut être difficile à vivre au sein de la famille, mais pas dans la société. Par contre, ceux que les médias occidentaux présentent comme des révolutionnaires et que nous considérons au contraire comme des contre-révolutionnaires sont, eux, violemment homophobes. Ils se proposent même d’instaurer des châtiments corporels, voire pour certains la peine de mort, pour punir ce « vice ».

Ce principe d’inversion est appliqué à grande échelle. On se souvient des rapports des Nations Unies sur la crise humanitaire en Libye : des dizaines de milliers de travailleurs immigrés fuyant le pays pour échapper aux violences. Les médias atlantistes en avaient conclu que le « régime » de Kadhafi doit être renversé et qu’il faut soutenir les insurgés de Benghazi. Or, ce n’est pas le gouvernement de Tripoli qui était responsable de ce drame, mais les soi-disant révolutionnaires de Cyrénaïque qui faisaient la chasse aux Noirs. Animés par une idéologie raciste, ils les accusaient d’être tous au service du colonel Kadhafi et en lynchaient quand ils en attrapaient un.

En Syrie, les images des groupes armés postés sur les toits qui tirent au hasard à la fois dans la foule et sur les forces de l’ordre sont diffusées par les télévisions nationales. Mais ces mêmes images sont reprises par les chaînes occidentales et saoudiennes pour attribuer ces crimes au gouvernement de Damas.

En définitive le plan de déstabilisation de la Syrie fonctionne imparfaitement. Il a convaincu l’opinion publique occidentale que ce pays est une terrible dictature, mais il a soudé l’immense majorité de la population derrière son gouvernement. Finalement cela pourrait devenir dangereux pour les concepteurs du plan, notamment pour Tel-Aviv. Nous venons d’assister en janvier-février 2011 à une vague révolutionnaire dans le monde arabe, suivie en avril-mai d’une vague contre-révolutionnaire. Le balancier n’a pas terminé son mouvement.

Des Bombes humanitaires de l’OTAN tuent, mutilent, balaient et écrasent tout en Libye

Ginette Hess Skandrani
Tribune libre
Des Bombes humanitaires de l’OTAN tuent, mutilent, balaient et écrasent tout en Libye

La résolution 1973 qui était sensée créer un bouclier aérien afin de protéger les civils en Libye, permet le massacre de centaines de personnes et de milliers de blessés. 850 morts par des bombes humanitaires) et 4000 blessés dont certains estropiés pour la vie.Nous avions mené une première enquête du 27 au 31 mars où nous avions crée à Tripoli cette commission d’enquête afin de rétablie la vérité sur tout ce que nous racontent les médias-mensonges.

Nous avions vite découvert que le prétexte ; protéger les populations civiles était un faux prétexte afin de pouvoir soumettre la Libye et à travers elle toute l’Afrique à la rapacité resourcière occidentale.

Tous les interventions sur nos télés annonçaient le massacre commis par Kadhafi : des dizaines de milliers de morts, du sang coulant à flot dans toutes les villes détruites, des hôpitaux pleins de blessés… tout cela était faux. Nous avions visité des quartiers comme Fachloum annoncée détruit, toujours debout, des gens accueillants et des magasins ouverts et aucun mort par blessure de ballas l’hôpital.

Nous avons rencontrés des gens heureux et non tyrannises comme annoncé dans nos médias ; soutenant leur guide et dénonçant les bombardements criminels de l’OTAN –TYRAN.

NOUS AVONS ENQUETE, VISITE, RENCONTRE DE NOMBREUX LIBYENS

Nous sommes retournés afin de continuer cette enquête afin de faire toute la lumière sur les véritables objectifs de cette agression contre le peuple libyens et ses dirigeants.

La Commission d’enquête Non-Gouvernementale soutiendra Maître Philippe Missamou, avocat du barreau de Paris en train de porter plainte contre L’OTAN en Belgique pour le massacre du fils et des petits enfants de Mouammar Kadhafi.

Nous avons visité la maison de Saïf Al Arab, le benjamin des enfants de Kadhafi, bombardée sauvagement dans un quartier résidentiel à ôté de l’ambassade de Côte d’Ivoire . Il n’en reste rien. Quatre missiles énormes, balancés par avion sur la maison et visant cette maison ont fait éclater les corps des bébés, celui des voisins et de Saïf qui gardait les bébés de ses frères et soeur, y compris celui d’une gazelle qui passait par là. Nous avons visité la maison, il ne reste rien debout entre les pierres, les débris des missiles et des trous partout avec les habits soufflés par la force de la bombe.

Un médecin de Bordeaux, le docteur Leclorec qui était présent sur le lieu a reconnu les corps et témoigné de leur identité Il nous communiquera le dossier. M. Kadhafi et son épouse venaient de quitter les lieux.

L’OTAN ne respecte rien. Cette « Organisation de Terroristes Assassinant les Nations » a également bombardé une église coopte orthodoxe, dont nous avons interviewé le responsable du Conseil de Réunion de l’église chrétienne. Les Chrétiens orthodoxes au nombre de 1200 étaient venus se mettre sous la protection de Kadhafi. Le Conseil de réunion de l’Eglise chrétienne qui regroupe également les catholiques de l’église romaine et les protestants, regroupant entre 2 à 3000 chrétiens demande d’arrêter immédiatement ce crime des bombardements.

Ils interpellent tous les religieux du monde entier et toutes les religions afin de sauver le peuple libyen et son guide.

Les cooptes sont très à l’aise en Libye et veulent rester dans la Libye de Kadhafi Il prient pour lui et demandent que la Libye soit un seul pays uni et que Dieu éloigne la guerre. Ce sont des médecins, des infirmiers, pharmaciens, ingénieurs et professeurs.

Le responsable de l’église coopte nous dit que le frère guide ne fait que le bien pour la Libye. S’il y a un problème, il ne peut se régler que par le dialogue.

Nous avons assisté à de nombreux bombardements, vus passer les avions de l’OTAN, les hélicoptères de Sarkozy et entendus les déflagrations. Nous avons constaté les dégâts sur les immeubles, les institutions culturelles, les infrastructures sociales. Nous avons vu des cratères très profonds.

LA PLACE BAB AL AZIZIYA

OU LA RESISTANCE VERTE NON-VIOLENTE

La réponse aux bombes meurtrières de l’OTAN, c’est le chant, la danse, les discours, le rire et la joie de vivre…

Cest une façon de ridiculiser ceux qui bombardent tous les soirs, tranquillement assis sur leurs culs dans des avions sécurisés.

C’est également se transformer en boucliers humains qui veulent par leur seule présence protéger leur guide.

Nous avons participé à leur manifestation en leur amenant notre solidarité pour leur combat.

Le Prince Sixte, Bourbon de Parme, descendants des Rois de France a eu un grand succès pour son intervention condamnant l’agression de la Libye, Bernard Chesnel de la Fondation Benazir Bhutto, Smaïn Betrouni de la « Voix des Opprimés » Pascal Henry journaliste réalisateur de Canal+ et moi même sommes également monté sur cette scène improvisée.

En voyant tous ces jeunes, garçons et filles, enthousiastes, nous avons été surpris par leur spontanéité, brandissant leurs drapeaux verts et des portraits du guide, tout en chantant des chants patriotiques.

Nous avons été épatés par leur courage, alors que les bombes tombaient juste à côté d’eux. Des cratères dont certains atteignant 5 m de profondeur témoignent de la violence des bombardements.

Cette place qui accueille également les Touaregs, les anciens, les tribus venues du Sud avec leurs chameaux planter leurs tentes symbolise la résistance non-violente et pacifique face à la barbarie.

La tribune dressée devant les ruines de la maison bombardée du guide en 1986 tuant déjà une de ses petites fille de deux ans : Hannah, nous a permis de participer à leur résistance.

Lorsque le bruit des bombes se rapprochait, nous avons fait comme les Libyens, nous avons chanté et insulté ceux qui bombardent en particulier les initiateurs de cette guerre : le philosophe perturbe BHL et le président revanchard Sarkozy.

Cette place de terre battue, où les gens restent nuit et jour, transformée en camp pour la Paix, les tentes bédouines, le thé à la menthe offert si généreusement, l’accueil hospitalier nous ont permis de réaliser ce que ce peuple amenait comme apport à la civilisation humaine.

Nous sommes plus que jamais décidés à faire tout notre possible pour faire arrêter ce crime contre l’humanité qu’est cette guerre programmée par les grandes puissances contre un petit peuple de 5 millions d’habitants

Paris 5 juin 2011.